Frais de marketing – quelle limite pour l’entrepreneur?
👉 La contribuable est active dans la gestion de fortune. Le fisc effectue un audit des comptes et constate différentes charges comptabilisées comme frais de marketing :
▶️ parties de chasses Ă l’Ă©tranger
▶️ restaurant
▶️ voyages (notamment dĂ©placement en hĂ©licoptère Ă l’Ă©tranger)
▶️ cadeaux
▶️ autres (abonnement de fitness du PDG)
👉 Le fisc estime que ces frais ne sont pas des dépenses commerciales.
👉 Les juges fĂ©dĂ©raux rappellent que « tout ce qui, d’un point de vue commercial, peut ĂŞtre considĂ©rĂ© de bonne foi comme faisant partie des frais gĂ©nĂ©raux doit ĂŞtre reconnu fiscalement comme justifiĂ© par l’usage commercial. Peu importe en revanche que la sociĂ©tĂ© ait pu se passer des dĂ©penses en question ou que celles-ci aient Ă©tĂ© conformes Ă une gestion rationnelle et orientĂ©e vers le profit. Il n’appartient en effet pas aux autoritĂ©s fiscales de remettre en question l’opportunitĂ© d’une dĂ©pense » (cons. 5.1. i.i.).
👉 Ils poursuivent : « La justification commerciale d’une dĂ©pense dĂ©pend de son contexte. Sa nĂ©cessitĂ© effective pour l’entreprise n’est pas dĂ©terminante. Il suffit qu’il existe un rapport de causalitĂ© objectif entre la dĂ©pense et le but Ă©conomique de l’entreprise. Le lien de causalitĂ© existe lorsque la dĂ©pense aurait Ă©tĂ© consentie par un gestionnaire ordinaire faisant preuve de la diligence objective requise par le droit commercial. Si une dĂ©pense sert Ă l’entretien de l’actionnaire ou Ă son propre plaisir, la sociĂ©tĂ© grève indĂ»ment son compte de rĂ©sultats en prenant Ă sa charge une dĂ©pense privĂ©e sous couvert de frais commerciaux. Comme il s’agit d’un facteur de diminution de la dette fiscale, c’est au contribuable de prouver le caractère commercialement justifiĂ© d’une dĂ©pense » (cons. 5.1 i.f.).
👉 Les frais de chasse reprĂ©sentent plus de 50% des bĂ©nĂ©fices rĂ©alisĂ©s par la sociĂ©tĂ©. La contribuable n’apporte pas de preuve (suffisante) des contrats signĂ©s grâce Ă ces parties de chasses.
👉 Quant aux autres frais litigieux, la contribuable se borne Ă dire que sa comptabilitĂ© est correcte, sans apporter la preuve que chacune des dĂ©penses litigieuse est justifiĂ©e par l’usage commercial.
L’arrĂŞt est en français. Il s’agit d’une affaire genevoise.
TF, arrêt 9C_513/ 2025, du 17 décembre 2025