08.01.2025

FiscalitĂ© et procĂ©dure pĂ©nale, jusqu’oĂą le contribuable doit-il collaborer?

👉 Les contribuables reportent dans leur déclaration une valeur pour un investissement dans un PCC étranger. Les recourants ne déclarent pas le revenu généré par cet investissement. Le fisc demande des précisions, ce que font les contribuables.

👉 12+ mois après que la taxation dĂ©finitive entre en force, le fisc ouvre une procĂ©dure de droit pĂ©nal fiscal contre les contribuables pour tentative de soustraction (non dĂ©claration des revenus et sous-Ă©valuation de l’actif).

👉 Les contribuables se réfèrent au principe de procédure pénale
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Ă  savoir que nul n’est obligĂ© de s’incriminer.
Ce principe s’applique-t-il en procĂ©dure standard (ouverte) de taxation?

👉 Les juges cantonaux retiennent que « A partir du moment où le premier acte d’instruction destiné à clarifier une situation a été entrepris à
l’égard du contribuable, la procĂ©dure de soustraction doit ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme ouverte et les droits de l’accusĂ© doivent ĂŞtre protĂ©gĂ©s. En outre, l’administration est tenue d’ouvrir une procĂ©dure pĂ©nale lorsqu’elle a des doutes sur l’existence d’une infraction » (cons. 6.3). Le fisc a d’abord clarifiĂ© les Ă©lĂ©ments de faits pour la taxation, puis une fois celle-ci dĂ©finitive a ouvert une procĂ©dure de droit pĂ©nal fiscal. « Cette manière de procĂ©der ne respecte pas les règles de procĂ©dure applicables en matière de droit pĂ©nal fiscal. En effet, des soupçons suffisants justifiant l’ouverture d’une procĂ©dure pĂ©nale pour tentative de soustraction fiscale existaient dĂ©jĂ  lors de la procĂ©dure de taxation ordinaire, si bien que l’autoritĂ© fiscale Ă©tait tenue de respecter son devoir d’informer les recourants de leur droit de refuser de dĂ©poser et de collaborer » (cons. 7.3.1).

👉 Quelle consĂ©quence? L’absence d’information conduit Ă  l’inexploitabilitĂ© des preuves recueillies. Sans ces preuves, le dossier du fisc Ă©tant vide, les juges cantonaux arrivent Ă  la conclusion que la procĂ©dure de droit pĂ©nal doit ĂŞtre annulĂ©e.

L’arrĂŞt est en français. Il s’agit d’une affaire fribourgeoise.

TC-FR, arrĂŞt 604 2025 115, du 8 janvier 2025